Resto: Un chef à l’érable dans le Vieux

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Besoin d’un rush de sucre pour embrayer votre métabolisme en cette fin d’hiver qui traîne inévitablement de la patte ? Comme chaque année, une cabane à sucre urbaine nous reçoit dans l’espace Scena, du Quai Jacques-Cartier. Après Danny St Pierre (2010), Patrice Demers et Marc-André Jetté (2011), Martin Juneau (2012) et Helena Loureiro (2013), c’est au tour de Laurent Godbout de passer aux fourneaux pour l’événement Un chef à l’érable.

Le lancement médiatique, regroupant journalistes, célébrités, blogueurs et autres, avait lieu le dimanche 9 mars. J’assiste à peu de lancements, vie de famille oblige, mais l’invitation prévoyait un « +1 » comme on dit, merci Scena pour la belle attention ! Je ne pouvais rater cette occasion en or de traîner fiston dans son premier événement média (anonymat voulu, le moucmouc en t-shirt gris qui fait dos à la caméra dans la photo accompagnant le Où? Quand? Comment?, c’est mon foodie en herbe).

Au final, on ne s’étonnera pas, Laurent a su épater ce public averti avec une succession de plats qui réinventent la bouffe cabane d’un grand souffle de créativité. J’ai adoré les « cretons», faits de foie gras relevé de cubes de jambon, à reproduire à la maison absolument. Fiston, lui, comme la majorité des mâles présents, a trippé sur les s’mores au bacon et la tartiflette aux pommes de terre, courge, pomme et bacon. Mention spéciale à la soupe aux pois servie avec crème fraîche à l’érable — j’emprunte l’idée tellement — ainsi que les cornets à l’érable et framboise, carrément addictifs. Impossible de critiquer le jambon au foin et à l’érable, nous étions si pleins rendus là, que j’ai baissé les armes et retourné le plat à la cuisine…

Avec le printemps qui se fait sentir, pensez à conjuguer votre souper cabane avec une visite dans le Vieux qui sort tranquillement de la torpeur hivernale. De toute façon, vous voudrez absolument marcher pour brûler les 3000 calories + que vous venez d’ingérer. Quand je pense que nous avons des réservations à la Cabane Pied de cochon au mois d’avril, mon estomac trahit comme une pointe d’inquiétude brusquement.

Où ? Quand ? Comment ? Combien ?

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Une salle sympa, avec des idées déco à piquer pour chez soi

La cabane Un chef à l’érable est ouverte pour le brunch familial en week-end et se transforme en cabane-lounge branchée le soir.

Où : Quai Jacques-Cartier du Vieux-Port, si vous ne voulez pas tourner en rond, stationnement au Quai King Edward juste à côté, pratique mais cher (comptez environ 16 $)

Quand : 14 mars à la mi-avril, vendredi soir au dimanche midi — voir le site web pour les heures

Coût : 60 $ par personne, taxes et service non inclus, il ne semble pas y avoir de tarif enfants (?)

Réservation : 514.503.9802 ou cheferable@scena.ca

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Portrait d’initié : Laurent Godbout

L’année : 2006, oh que ça vieillit ça. J’ai le plaisir de coordonner une partie de la compétition de chefs Les Toqués de Natrel dans les cuisines de l’ITHQ. Jeune chef montant du plutôt nouveau resto Chez L’Épicier, Laurent Godbout y présente un dessert déconstruit (déjà !). Bon enfant, intense et un brin rebelle, il a installé son chariot de service à la porte de la salle des délibérations, pour y monter son dessert afin de s’assurer que celui-ci survive, intact, le voyage jusqu’aux juges. (Dans tout concours culinaire aussi haute gastronomie soit-il, les plats présentés doivent pouvoir être transportés par un serveur de la cuisine à la table, au risque d’être gravement pénalisés.)

Quand je lui fais remarquer que sa tactique est illégale, il me demande, sourire coquin et yeux baveux, où l’interdiction figure dans le règlement de la compétition… Euh, un chef-avocat-bête de compétition, toi ! Sans rancoeur, le règlement sera modifié l’année suivante et Laurent gagne tous les honneurs, son dessert étant, on s’en doutera, décapant.

Depuis, le chef avec sa bouille gamine a ouvert plusieurs autres restos, dont l’Attelier Archibald à Granby. En 2015, il deviendra le premier chef québécois à représenter le Canada au Bocuse d’Or, compétition gastronomique par pays qui se dispute en France.

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Lors de mon passage au lancement d’Un chef à l’érable, je lui ai d’ailleurs demandé comment il réussissait à gérer moult restaurants, une cabane à Granby et dans le Vieux-Montréal, plus la préparation au Bocuse. «C’est simple, je dors plus», m’a-t-il lancé tout en s’affairant à dresser des dizaines de cornets d’un tourbillon de crème fouettée. Avec un budget de 250 000 $ — contre un million et plus pour les autres pays — malgré son esprit de compétition assez féroce merci, Laurent vise réalistement une place dans les 7 premiers pays. Que dire de plus si ce n’est : Mot de Cambronne, mec !

Si vous voulez en savoir plus sur le Bocuse d’Or, je vous recommande vivement Knives at Dawn d’Andrew Friedman (en anglais). Une lecture parfois longuette qui manque de rythme, mais un regard intriguant sur la préparation de l’équipe américaine au Bocuse d’Or 2009. L’auteur y dresse notamment de fascinants portraits de Daniel Boulud et Thomas Keller, mentors de team US.

Méli-mélo des photos prises par fiston (bye les kids Kodak, allo les kids iPhone) ou fournies gracieusement par Scena

Crédit photo : Savitri Bastiani

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Oreilles de crisse à volonté, pas trop salées… enfin !

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Soupe aux pois avec méga lardon, biscuit soda maison et crème fraîche à l’érable (je te l’emprunte celle-là, Laurent !)

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Beaucoup trippé sur le foie gras avec cubes de jambon ou, comme disait notre serveur, les «cretons». Avec baguette grillée servie dans des petits chaudrons, moment Pinterest.

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Boudin noir sur purée de légumes, kale frit. Ou quand on a commencé à lancer des yeux désespérés partout, l’estomac menaçant d’exploser devant la quantité de bouffe…

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Joue de veau braisée et légumes grillés. Fiston, qui avait renoncé, n’a pu s’empêcher de plonger dans la tartiflette à gauche.

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Tire sur lait glacé, vous dire la douceur de la chose !


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Je préfère savourer l’instant (plus je n’ai aucun talent photo naturel), j’ai donc remis le iPhone a fiston. Ben tiens, que des desserts, s’étonnera-t-on…

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