Bon, d’accord, qui d’autre penserait sortir la mijoteuse alors que le printemps nous réchauffe suffisamment le squelette pour rêver « salade » au lieu de « réconfort » ? Surtout que l’hiver s’en est venu et allé sans que la mijoteuse ne délaisse une seule fois son armoire. Monsieur appelle cela mon esprit de contradiction. Hum.
Alors, pourquoi la mijoteuse en ce lundi ensoleillé qui fleurait l’été et le barbecue? J’avais acheté (et oublié dans le frigo) un long tronçon de kielbasa de William J. Walter. Et ladite saucisse payait difficilement de mine. Comme fiston et son papa sont dans le très fanas de saucisses, j’entendais déjà les reproches si je flushais leur précieuse kielbasa. Je me suis donc rabattue sur la mijoteuse en désespoir de cause et d’horaire chargé. Il y a de ces moments de grâce…
Kielbasa est le mot polonais servant à désigner tous les saucissons, un terme générique qui ne vous mènera pas loin chez le saucissier. Je l’ai découverte à l’émission télé de Rachael Ray, qui cuisinait ce jour-là avec un énorme saucisson fumé que les Amerloques ont baptisé du nom de kielbasa. Sa particularité est d’être relevée de beaucoup d’ail et de marjolaine, puis fumée. D’expérience, la kielbasa sait faire craquer n’importe quel mâle.
De sauve-saucisse, ce petit plat modeste s’est assurément gagné une place dans la rotation mensuelle. Une fois l’hiver revenu, entendons-nous, le barbecue reprenant tous ces droits incessamment.
Par souci d’honnêteté, mentionnons que papa n’a pas apprécié. En Afrique subsaharienne, ajouter du sucre à un plat est l’apanage des piètres cuisinières voulant jeter de la poudre aux yeux. Et j’ai beau lui avoir expliqué que boudin et pommes (France), agneau et abricots (Maroc) ou chili et sucre (Asie) sont célébrés partout dans le monde, nenni. Ce plat, pour lui, c’est comme un anathème culinaire, rien de moins.
En attendant, place à la saucisse, le mets préféré de Junior. Ouf.
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